Yennayer: une pratique ancestrale en Afrique du Nord

January 11, 2018

Episode 18: Yennayer

Une pratique ancestrale en Afrique du Nord

S’appuyant sur des recherches documentaires et des observations sur le terrain, Dr. Karim Ouaras, enseignant à l'Université de Mostaganem et chercheur associé au CRASC, revient sur la dimension agraire de la fête de Yennayer et sa portée symbolique en Afrique du nord. Il considère Yennayer comme une ode à la nature et à la terre nourricière qui place la nouvelle année sous d’heureux auspices, un rituel agraire qui renvoie à des faits sociaux perpétués dans l'imaginaire collectif nord-africain. La reconnaissance officielle de cette fête en Algérie est une décision historique, selon Dr. Ouaras, et un pas vers la réconciliation des Algériens avec leurs histoires, leur(s) patrimoines et leurs langues, plusieurs fois millénaires.

Dans ce podcast, Dr. Ouaras a d’abord interrogé, les différentes significations de Yennayer qui tirent leurs origines des pratiques agraires anciennes, de la mythologie, des croyances païennes et religieuses, de l’histoire et bien évidemment dans de la pratique effective de ce rituel agraire ancestral, antérieur à l’avènement des États-Nations en Afrique du nord. Il a aussi souligné quelques anachronismes historiques concernant l’intronisation de Sheshonq 1er sur la 22ème dynastie pharaonique, qui marque l’an zéro du calendrier amazigh et renvoie à un événement fondateur de l’historiographie amazigh.

Il s’est ensuite attardé sur la dimension agraire de cette pratique ancestrale en citant quelques rituels des différentes régions d’Algérie et d’Afrique du nord. Il a enfin examiné, avec beaucoup de détails, les différentes expressions de la célébration de Yannayer en Algérie et dans les pays limitrophes en soulignant les retombées socio-historiques, économiques, écologiques et civilisationnelles de la fête de Yennayer.

Dr. Ouaras a conclu son intervention en disant que l’accumulation du savoir sur ces pratiques anciennes, occultées auparavant, est une tâche immense qui conduira certainement à la revalorisation du patrimoine local et à la réconciliation avec soi. Il soutient que la littérature disponible en la matière apporte des éclairages précieux et appelle des investigations complémentaires pour approfondir les savoirs dans ce champ. Si Yennayer a survécu aux péripéties de l’histoire en traversant plusieurs millénaires, c’est qu’il revêt une importance majeure pour les sociétés amazighes de l’Afrique du Nord, qui le célèbrent continuellement.

Cette conférence est programmée dans le cadre de La semaine du patrimoine amazigh, Yennayer 2968, organisée par la Direction de la culture de la Wilaya d’Oran et l’Association culturelle Numidia avec la participation de la Direction de la jeunesse et des sports et la Direction de l’éducation, en date du 10 janvier 2018 au Musée d’Arts Modernes d’Oran.

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